Ecole de la deuxième chance du Territoire de Belfort

Les activités pédagogiques
de l'école

Le socle de base

Le programme de la formation est orienté vers l'acquisition du socle de base en français, mathématiques, informatique. Acquérir et développer ces compétences fondamentales conditionnent la réussite de tout le reste.

L'apprentissage du monde de l'entreprise

Bien sûr l'école existe pour aider les jeunes à construire un projet professionnel réaliste en vue d'une insertion durable dans l'emploi, soit directement, soit en passant par l'étape d'une formation qualifiante et d'un diplôme professionnel.

Les activités de développement personnel

Le concept fondamental de notre pédagogie est celui d'apprendre à apprendre et pour stimuler cette capacité à apprendre, les jeunes sont mis en situation de découvrir et d'expérimenter à travers des projets pédagogiques multiples. Les ateliers d'art, de théâtre, de photos, de raisonnement logique, de sciences, le sport visent au développement personnel des jeunes et à la mise en évidence de leurs potentiels.

Le socle de base
L'apprentissage du monde de l'entreprise
Les activités de développement personnel

 

Le socle de base

Le programme de la formation est orienté vers l'acquisition du socle de base en français, mathématiques, informatique. Acquérir et développer ces compétences fondamentales conditionnent la réussite de tout le reste.

La formation en français et communication

  Christine FOND DI MAURO
Formatrice en Français

Professeur pendant 7 ans en collèges et en lycées, j’y ai enseigné le français, l’histoire, la géographie, l’éducation civique, juridique et sociale. Mon expérience en lycée professionnel m’a appris à travailler auprès de jeunes avec des problématiques diverses.

C’est pourquoi j’ai eu envie d’évoluer vers un poste de formatrice où l’accompagnement est fortement individualisé et où la gestion des problématiques est globale. Etre formatrice référente à l’e2c chargée du français et de la communication répond pleinement à cette attente.

Diplômée également en histoire de l’art, dans la gestion des métiers du patrimoine et du Conservatoire de Musique de la ville de St Etienne, mon approche pédagogique favorise l’accompagnement des jeunes dans des projets à dominante plus culturelle.

E2C : Christine, vous aidez les jeunes à se remettre à niveau en français, comment cela se passe ?

CF : Nous parlons aux jeunes de RAN en français, il s’agit de cours de remise à niveau. Il est important de s’appuyer sur les différences et de gérer l’hétérogénéité des niveaux des jeunes. Bien qu’ils ne maîtrisent pas les savoirs de base, ils en sont à des stades très différents. L’objectif étant de les amener tous y compris les plus faibles à un socle commun de connaissances dans la pratique de la langue française et d’aider les plus avancés à consolider et à développer leurs capacités d’expression.

E2C : Les jeunes qui fréquentent l’école sont de jeunes adultes qui ne gardent pas un souvenir excellent de l’école. Pourquoi leur proposer encore des cours de français ?

CF : Mon premier souci est de faire prendre conscience aux jeunes de la nécessité de se perfectionner dans cette matière : se sentir plus à l’aise dans leur travail, dans la vie de tous les jours, mais aussi valoriser leur propre image, souvent entachée par leurs nombreux échecs scolaires.

Dès qu’un jeune progresse même faiblement, il gagne en assurance et en autonomie. C’est pourquoi, chez nous, les jeunes ne sont pas « notés ». Il y a bien des évaluations, mais sans enjeu de sanction.
Il s’agit pour nous de dresser un bilan des acquis, des savoirs fragiles ou insuffisants et à partir de cela, bâtir un programme adapté aux besoins de chaque jeune.

E2C : En quelque sorte, vous mettez en place pour chaque jeune un programme individualisé ?

CF : L’enseignement est systématiquement individualisé Les cours et exercices proposés sont adaptés aux difficultés de chaque jeune. A l’issue des évaluations qui ont lieu en début de formation, chaque stagiaire se voit remettre un Programme Individuel de Formation qui lui permet de savoir quels sont ses acquis et les points sur lesquels il devra progresser, mais aussi afin qu’il puisse observer lui-même sa propre progression.

E2C : Faire du français ne reste-t-il pas une discipline très scolaire ?
Au-delà des cours et exercices de pratique de la langue (grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire) qui sont proposés, nous mettons l’accent sur l’acquisition de savoir-faire qui aident les jeunes à agir par eux-mêmes pour définir et réaliser leur projet professionnel. Par exemple, comment rédiger un rapport, un compte rendu, une note de service…un CV, une lettre de motivation, une réponse à une offre d’emploi... ?

E2C : Quelles compétences les jeunes acquièrent-ils en faisant du « français » ?
Notre objectif encore une fois est très concret : savoir lire pour comprendre un contrat, des notices, des petites annonces…, travailler l’oral pour se faire comprendre. Dans la vie professionnelle, il faut aussi apprendre à se présenter, échanger, discuter ou argumenter !

E2C : Et l’accès à la culture dans ce programme ?
Les jeunes participent à des événements culturels (fêtes du livre, du cinéma, festivals….) ou fréquentent des lieux culturels (théâtres, Université Populaire, expositions…). Ces activités permettent en outre de diversifier les champs d’application, de proposer des exercices différents, d’élargir les horizons culturels de chacun à l’occasion de rencontres avec des auteurs, des artistes.
Notre but et notre ambition est de donner les moyens aux jeunes de s’épanouir, de s’ouvrir sur les autres, sur leur ville, sur la société. De comprendre la société dans la quelle ils vivent pour en devenir acteurs.

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Le socle de base

Le programme de la formation est orienté vers l'acquisition du socle de base en français, mathématiques, informatique. Acquérir et développer ces compétences fondamentales conditionnent la réussite de tout le reste.

La formation en mathématiques

  Annick KESSLER
Formatrice en mathématiques

Après une expérience professionnelle dans l’enseignement classique pendant huit années, j’ai démarré mon parcours dans le domaine de la formation d’orientation et d’insertion professionnelle à l’école de la 2e chance de Mulhouse pendant trois ans.

En 2006, j’ai intégré l’e2c du Territoire de Belfort et participé à son ouverture.

E2C : A quoi servent les maths pour les jeunes ?

AK : L’objectif de la remise à niveau en maths à l’e2c n’est en aucun cas de reproduire ce qui se fait déjà à l’école mais plutôt de s’appuyer sur les acquis de chacun pour développer les savoirs de base, faire acquérir le niveau mathématique nécessaire pour la réalisation du projet professionnel de chaque jeune (lié aux besoins pour entrer en formation qualifiante ou dans la vie active), développer les connaissances mathématiques utiles et utilisables dans la vie quotidienne (ex : vérification de factures, devis, fiches de paye…) et aussi développer les connaissances mathématiques liées au métier (ex : mathématiques à utiliser dans le bâtiment…)

E2C : Comment faites-vous pour enseigner les maths à votre public ?

AK : Les séances de maths sont construites à partir des évaluations et auto évaluations des jeunes eux-mêmes qui permettent de définir le niveau de départ : savoir où on est pour montrer où l’on va.

Le développement des acquis s’opère grâce à des cours individualisés en fonction du niveau et de la vitesse d’acquisition.

Un parcours individualisé ne veut pas dire travailler seul.

L’autonomie s’acquiert progressivement en s’appuyant au départ sur le groupe de pairs qui devient une ressource pour chaque apprenant. Lorsque pour certaines séances, cela apparaît plus productif, nous ne nous interdisons pas de regrouper les jeunes par niveau de connaissances.

E2C : A quels moyens pédagogiques avez-vous recours ?

AK : J’utilise des supports de travail diversifiés : cahiers d’exercices, exercices sur des sites internet dédiés aux maths. Ce qui est le fil conducteur ce sont les évaluations régulières qui me permettent de rechercher l’exercice, le problème et le moyen qui sera le plus efficace compte tenu du profil d’apprentissage du jeune. Mais surtout, je mets les jeunes en situation de faire le lien entre ce qui est enseigné en maths et les projets pédagogiques que chaque formateur mène par ailleurs. Je crois beaucoup à l’approche transversale dans l’enseignement.

E2C : Comment sont validées les compétences que les jeunes acquièrent-ils en Maths » ?

AK : Les acquisitions des jeunes sont inscrites dans leur livret de compétences, souvent dénommé aussi « portefeuille de compétences » dans les écoles de notre Réseau. Chaque jeune qui termine son cursus à l’école se voit remettre une attestation de connaissances et de compétences qui synthétise ses acquis en maths, en français, en informatique, en ce qui concerne le socle de base.

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Le socle de base

Le programme de la formation est orienté vers l'acquisition du socle de base en français, mathématiques, informatique. Acquérir et développer ces compétences fondamentales conditionnent la réussite de tout le reste.

La formation en T.I.C

  Thierry LUBAR
Formateur en informatique

J’ai débuté comme animateur multimédia pour les FRANCAS à Belfort, j’ai poursuivi cette « carrière d’animateur » dans les nouvelles technologies au service des Médianautes autre association œuvrant dans ce domaine en Franche Comté.

Cette expérience m’a permis d’être en contact avec des publics d’âges très différents de 7 à 77 ans pour les former aux TIC.

Dans le même temps, j’ai validé mes compétences en informatique par l’obtention d’un BTS Informatique à l’issue duquel j’ai enchaîné par la préparation et l’obtention de la Licence Professionnelle d’Intervention sociale.

D’abord animateur pédagogique de l’école à son ouverture en juin 2006, je suis aujourd’hui formateur chargé de la formation en informatique.

E2C : Pourquoi des TIC (Technologies de l’Information de la Communication) dans la formation des jeunes ?

TL : A l’E2C on parle de T.I.C. et non d’informatique car il s’agit bien entendu de former des usagers de ces technologies, et non des concepteurs. Il est vraiment important de maîtriser les T.I.C. non seulement pour l’insertion professionnelle mais aussi, et de plus en plus, pour l’insertion sociale (administration, gestion de la vie quotidienne, recherche d’informations…)

E2C : Oui, mais quelles TIC ?

TL : D’abord les notions de bases : le vocabulaire et la prise en main, ensuite la manipulation élémentaire d’une suite bureautique, la navigation et la communication sur Internet. J’évoque également les aspects juridiques liés aux contenus, notamment droits d'auteur et droits d'exploitation. Au fur et à mesure de la progression du jeune, je spécialise l’apprentissage selon le projet professionnel envisagé.

E2C : Comment se déroule la formation pour un jeune ?

TL : Je commence par une étape d’évaluation et d’autoévaluation visant à déterminer les connaissances et difficultés de chacun. Démarre ensuite l’apprentissage via un parcours individualisé en termes de niveau et de rapidité de progression. J’utilise comme mes collègues une grille de compétences, permettant au stagiaire d’avoir toujours pleinement conscience de sa progression, en validant les acquis à chaque séance et avec le formateur.

E2C : Avec quels supports pédagogiques travaillez-vous ?

TL : J’ai à ma disposition une large panoplie de documents : cours et exercices sur Internet, documents numériques internes ou papier, comprenant apports théoriques, QCM, simulations ou encore études de cas. Comme équipements nous avons 2 salles équipées de 11 postes chacune, packs office 2003 et 2007, nous utilisons le vidéoprojecteur pour les démonstrations.

E2C : Qu’est ce qui caractérise le mieux votre pédagogie ?

TL : C’est la transversalité avec les autres activités du centre de formation. En plus, l’utilisation de l’informatique par les jeunes fait partie intégrante des projets sur lesquels ils sont mobilisés. Dans ce sens les TIC sont un outil favorisant le travail en équipe, l’esprit d’initiative, la créativité et les découvertes culturelles.

E2C : Les acquis des jeunes sont-ils validés ?

TL : Nous délivrons une attestation de compétences aux jeunes à l’issue de leur parcours à l’école. Depuis peu, nous mettons en place une possibilité de suivre une formation en ligne accompagnée par un formateur pour se présenter au passage du PCIE.

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L'apprentissage du monde de l'entreprise

Bien sûr l'école existe pour aider les jeunes à construire un projet professionnel réaliste en vue d'une insertion durable dans l'emploi, soit directement, soit en passant par l'étape d'une formation qualifiante et d'un diplôme professionnel.

Le module professionnel

  Touria ACAR
Responsable pédagogique et formateur

Après une maîtrise en sciences sociales de la santé et un DESS en pratiques sociales de l’insertion je suis devenue enseignante contractuelle à l’Education Nationale. Formée sur le terrain par mon employeur, j’ai eu la chance de progresser, pendant 5 ans, auprès de publics de différents niveaux (SEGPA, CAP, BEP et BAC professionnel) dans le domaine des biotechnologies.

J’ai rejoint l’école de la 2e chance à son démarrage en mai 2006, comme Formatrice référente, animée par le désir d’accompagner des jeunes de façon individualisée et globale. Aujourd’hui je suis responsable pédagogique-formateur.

E2C : L’école a pour mission d’aider les jeunes à construire un projet professionnel réaliste notamment en leur apprenant le monde de l’entreprise. Comment procédez-vous sur le plan pédagogique ?

TA : Nous proposons, dans notre programme de formation, un module « professionnel » qui s’articule autour de 4 grands domaines : des ateliers d’accompagnement à la construction du projet professionnel, des ateliers de formation aux techniques de recherche d’emploi, des ateliers permettant une meilleure connaissance du monde de l’entreprise (son organisation, ses valeurs…)
Ces ateliers sont animés par l’équipe pédagogique et continuellement alimentés par la présence de partenaires économiques, institutionnels, associatifs autour de présentations, échanges, visites, tests…

La construction d’un projet professionnel, par chaque stagiaire, est fondée sur l’acquisition de savoirs, savoir-faire et de compétences socioprofessionnelles mais aussi et surtout à partir du vécu en entreprise par le biais de stages pratiques dans des entreprises classiques ou des structures adaptées.

E2C : Vous évoquez les stages pratiques en entreprise. En quoi consiste-t-il ?

TA : Les compétences socioprofessionnelles et professionnelles sont essentiellement évaluées par le biais des stages en entreprise. Les stagiaires sont autonomes dans la recherche de stages et responsables des documents contractuels, ce qui les oblige à prendre conscience de leurs obligations et de leurs droits. Ils sont suivis par leur formateur référent qui effectue des visites et est en lien avec le tuteur. Les tuteurs sont des salariés de l’entreprise, ils accompagnent les stagiaires et prennent part à leur évaluation. Des compétences essentiellement socioprofessionnelles mais aussi techniques sont ainsi reconnues aux stagiaires.

Le suivi des stagiaires en entreprise requiert la participation de toute une équipe pédagogique. Le chargé de relations entreprises et le responsable administratif sont également impliqués :
Le chargé de relations entreprises développe les partenariats et appuie les formateurs dans le suivi. Il offre son expertise. Il suit l’évolution de chaque jeune et l’accompagne à la sortie dans son intégration dans l’emploi.

Le responsable administratif est chargé du suivi administratif des stagiaires dans la recherche de stages et vérifie qu’ils ont accompli les missions prescrites par leur formateur référent.

E2C : Quelles différences faites-vous entre compétences socioprofessionnelles et compétences techniques ?

TA : On peut distinguer deux types de stages en entreprise : les stages de découverte des métiers et les stages de confirmation.

Lors des stages de découverte des métiers, les jeunes cherchent à ouvrir des pistes d’orientation professionnelle en se confrontant à la réalité et en changeant de représentations sur certains métiers qui au départ ne les attiraient pas. Pendant ces stages, nous ne pouvons pas prétendre évaluer des compétences professionnelles, nous nous attachons essentiellement aux compétences socioprofessionnelles (savoir-être). Si le jeune acquiert ces compétences de base, il aura alors toutes les chances de se faire « remarquer » par l’entreprise. Les compétences professionnelles, il les développera avec l’expérience.

Il reste que, lorsque le stagiaire a effectué ses stages de découverte et qu’il a fait la preuve de sa capacité à répondre aux exigences de base en termes de savoir-être, il aborde la période dite de confirmation. Durant ces stages, il est possible d’évaluer des compétences professionnelles (compétences techniques propres au métier).

E2C : Aujourd’hui les entreprises privilégient le savoir-être avant le savoir technique. Comment les jeunes peuvent-ils acquérir ce savoir être ?

TA : Le stagiaire à l’E2C progresse « pas à pas ». Une première période de 6 semaines lui permettra d’abord d’évoluer sur des compétences simples que sont l’assiduité, la ponctualité, la politesse, le respect des autres, l’effort.

Nous avons inscrit des objectifs spécifiques à cette période autour d’activités dites de remobilisation Un module santé, en collaboration avec le CODES ; un module autonomie sociale, animé par une juriste du CIDFF ; un atelier d’art thérapie…

L’accent est mis sur des activités qui visent à l'accueil et la redynamisation des stagiaires pour les amener à surmonter leurs expériences d’échec, à reprendre confiance pour qu’ils soient capables de s’engager réellement dans la construction de leur projet professionnel. Ces premières semaines sont également un temps d’auto-évaluation pour les stagiaires.

S’en suit l’étape de découverte de deux ou trois métiers effectuée en alternance entre l’école et l’entreprise et celle de confirmation où les objectifs visent l'insertion et à permettre aux stagiaires de conforter les éléments de base indispensables pour une entrée en qualification ou à l’emploi direct.
Tout au long de leur parcours, les stagiaires suivront des ateliers hebdomadaires de remise à niveau, de sport, et de raisonnement logique, favorisant l’acquisition d’aptitudes générales qui sont fortement appréciées dans le monde de l’entreprise.

Les objectifs sont alors de favoriser l’autonomie, la prise d’initiatives, la motivation et la créativité. Nous avons recours à des méthodes actives afin que les stagiaires s’approprient les savoirs dispensés. Nous pratiquons entre autres la pédagogie de projets grâce auxquels les stagiaires agissent et font la preuve de l’acquisition de compétences

E2C : Ces diverses activités permettent aux jeunes d’acquérir des compétences essentielles pour s’insérer dans le monde du travail. Est-ce le seul objectif de la formation ?

TA : tout notre travail du point de vue de la pédagogie et de l’accompagnement a pour objectif que les stagiaires développent une attitude de « chercheur » face à un problème qu’ils rencontrent. Qu’ils apprennent à réfléchir, construire, argumenter, expérimenter. Qu’ils apprennent à apprendre. Ils deviendront alors les acteurs de leur propre vie, autonomes. Dans son sens premier, l’autonomie est la faculté d'agir par soi-même en se donnant sa propre loi. Cette capacité à agir par soi-même est un idéal pour tous dans chaque domaine de sa vie professionnelle, sociale et citoyenne.

E2C : Autrement dit pour vous, L’école de la 2e chance se veut une école de la liberté et de la citoyenneté ?

TA : Oui c’est exactement cela et j’ajouterais du développement personnel.

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Les activités de développement personnel

Le concept fondamental de notre pédagogie est celui d'apprendre à apprendre et pour stimuler cette capacité à apprendre, les jeunes sont mis en situation de découvrir et d'expérimenter à travers des projets pédagogiques multiples. Les ateliers d'art, de théâtre, de photos, de raisonnement logique, de sciences, le sport visent au développement personnel des jeunes et à la mise en évidence de leurs potentiels.

L'art

  Camille GILLAND
Titulaire du Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique option communication visuelle de l’Ecole Régionale des Beaux Arts de Besançon.

E2C : En quoi une activité artistique peut-elle aider des jeunes qui manquent de repères ? 
CG : L’art est un moyen d'expression privilégié, propre à chacun, définissant son style et reflétant son caractère.
L'atelier d'Art se base sur le principe que chacun a une sensibilité particulière à une forme d'Art.

E2C : Quels sont les objectifs pédagogiques de l’atelier d’Art ?

CG : Les objectifs de l’atelier d’Art sont de permettre dans un premier temps aux jeunes adultes de l'École de la 2e Chance, de découvrir leur potentiel créatif afin qu'ils se détachent de la représentation fidèle des choses: « Une belle œuvre, un beau tableau n'est pas nécessairement la copie conforme de son modèle, elle n'exprime là qu'un savoir faire; le jugement esthétique n'y est pas nécessairement lié car il reste subjectif ».

C'est au travers des productions réalisées, en accordant ses capacités à ce que l'on veut réaliser, qu'une meilleure estime de soi et une faculté autocritique positive vont pouvoir« se dessiner ».

Ainsi une meilleure confiance en soi permet de faciliter la relation, la communication et l'acquisition du style.

E2C : Y a-t-il un lien entre cette activité artistique et le projet d’insertion professionnel des jeunes de l’école ?
CG : Un lien entre la formation et l'atelier est effectué avec l'élaboration d'un projet d'Art autour de la représentation du projet professionnel de l'élève. Ce travail met en place les acquis de façon pratique dans le contexte professionnel.

L'atelier, vient compléter le programme initial en apportant au jeune une meilleure confiance en lui, ainsi qu'une connaissance positive de lui-même, tout en sachant ses limites. Participant à l'épanouissement d'une personne, l'Art permet aux jeunes adultes de l'École de la 2e Chance, d'avoir plus d'assurance et d'aisance dans leur projet professionnel.

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Les activités de développement personnel

Le concept fondamental de notre pédagogie est celui d'apprendre à apprendre et pour stimuler cette capacité à apprendre, les jeunes sont mis en situation de découvrir et d'expérimenter à travers des projets pédagogiques multiples. Les ateliers d'art, de théâtre, de photos, de raisonnement logique, de sciences, le sport visent au développement personnel des jeunes et à la mise en évidence de leurs potentiels.

Les sciences et le raisonnement logique

  Michel DEVAUX
anime des ateliers de raisonnement logique et d’initiation aux sciences.

J’ai 40 ans d’expérience comme formateur dans le domaine de l’électrotechnique et de la maintenance. J’ai effectué la plus grande part de ma carrière auprès d’ouvriers, de techniciens, d’ingénieurs pour leur permettre de se perfectionner et d’évoluer dans leur métier.

L’essentiel de ma mission a été de leur enseigner comment poser un problème et le résoudre Le slogan qui pourrait résumer ma pratique : la logique et la méthode, cela s’apprend.

J’ai de multiples activités qui vont de l’astronomie à l’écriture de livres et pourtant la possibilité d’aider des jeunes en difficulté à reprendre confiance en eux en les aidant à développer leurs capacités à raisonner m’ont convaincu que j’avais ma place à l’école de la 2e chance et que je pourrais y être vraiment utile.

E2C : En quoi consiste votre méthode d’enseignement ?
MD : Je propose aux jeunes des exercices de logique pour les entraîner à réfléchir. Ces exercices sollicitent des aptitudes fondamentales comme percevoir, observer, mémoriser, analyser, synthétiser…..Etre logique, c’est trouver la bonne direction mais c’est aussi « le bon sens ». Nous travaillons sur des compétences de base qui ne nécessitent pas de connaissances préalables apprises. Cela aide les jeunes à ne pas se confronter à un sentiment d’échec qui les empêche de réfléchir. Nous sommes tous prisonniers de cadres de référence a priori dont il nous est souvent difficile de sortir pour bien poser le problème à résoudre. Et on sait qu’un problème bien posé est à moitié résolu.

E2C : Est-il vraiment possible d’aider les jeunes à développer leur intelligence ?
MD : La première condition est de trouver le chemin pour éveiller leur curiosité. Je suis passionné d’astronomie et je n’ai pas de difficulté à les intéresser à des phénomènes qu’ils peuvent observer tous les jours et qui pourtant restent un mystère pour eux. Par exemple, nous évoquons la saison en cours et je les amène à s’interroger sur la raison pour laquelle il y a quatre saisons …..Je pars de « l’ici et maintenant » et des questions qu’ils posent au moment de la séance. Je n’ai pas de programme figé même si je sais où je dois les mener. L’humain, l’émotionnel sont des ingrédients fondamentaux de ma pédagogie….Lorsque les jeunes ressentent qu’on leur porte une véritable attention, ils se transforment. Je m’efforce toujours de les mettre en valeur lorsqu’ils trouvent eux-mêmes un résultat. La confiance en eux et la fierté sont les moteurs de leur évolution.

E2C : Comment appréciez-vous les progrès qu’ils accomplissent ?
MD : Quand les jeunes me disent que finalement ce problème qui leur apparaissait si complexe, où ils avaient commencé à « se prendre la tête », selon leur langage, est devenu limpide et qu’en fin de compte, « c’est très simple », je sais qu’ils ont progressé. Clarifier, simplifier, ordonner : la méthode commence à produire ses effets !

E2C : Si on aime vraiment son travail on a souvent un rêve ou une ambition qu’on voudrait réaliser, quelle serait la vôtre par rapport aux jeunes de l’école ?

MD : J’aimerais avoir davantage le temps et l’occasion de pouvoir leur faire partager ce que je nomme ma culture humaniste, les amener à se poser des questions « philosophiques » telles que la place de l’être humain dans l’univers. Je suis en train de préparer un livre pour enfants sur ce thème. Je serais pleinement heureux si je pouvais toujours constater que je suis parvenu à les guider et à leur donner des points de repères qui les rendent autonomes. Ma règle d’or : « ne pas donner le poisson mais apprendre à pêcher »

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Les activités de développement personnel

Le concept fondamental de notre pédagogie est celui d'apprendre à apprendre et pour stimuler cette capacité à apprendre, les jeunes sont mis en situation de découvrir et d'expérimenter à travers des projets pédagogiques multiples. Les ateliers d'art, de théâtre, de photos, de raisonnement logique, de sciences, le sport visent au développement personnel des jeunes et à la mise en évidence de leurs potentiels.

Les groupes de supervision

  Dalida CORRE-KARFALI
Psychologue clinicienne, titulaire d’un DESS en psychologie clinique et psychopathologique à l’Université de Besançon.

E2C : En quoi la mise en place de groupes de supervision peut-elle aider les jeunes de l’E2C ?
DCK : Avant de répondre à cette question, il me semble fondamental de définir le terme « supervision ».
La mise en place de groupes de supervision vise à offrir aux jeunes un espace de parole et d’écoute concernant leurs expériences pratiques et par là-même leur vécu en situation de stages et ce, sans la présence des formateurs.

C’est un temps de partages où chaque jeune est convié à utiliser cet espace afin d’accéder à une réflexion commune concernant une situation précise qu’il souhaite partager avec ses pairs.

L’échange qui se fait au travers de l’analyse d’une situation permet non seulement au narrateur de bénéficier du regard de ses collègues (et de leurs expériences) mais il permet aussi aux autres de venir parfois s’identifier à ce qui est dit.

Pour cela, le travail en groupe me semble judicieux. Petit à petit la parole se libère, chaque jeune évoquant ses préoccupations, ses difficultés. Il s’agit de comprendre quelles sont leurs représentations du monde du travail, représentations qui sont parfois en décalage avec la réalité.

E2C : Accéder à une identité de salarié n’est-elle pas parfois difficile pour les jeunes ? 
DCK : Certains jeunes tendent à reproduire les mêmes attitudes, les mêmes comportements et cela, sans tenir compte des exigences du milieu (ici professionnel).

Cependant, comprendre ce qui est sous-jacent au problème exposé, reste un des points fondamental de la supervision d’où l’importance d’un éclairage technique.

E2C : L’acquisition d’une qualification professionnelle est-elle une voie d’accès à l’intégration sociale, à l’autonomie ?
DCK : La plupart de ces jeunes ont eu des expériences scolaires et professionnelles relativement « difficiles », empreintes d’échecs et de déceptions. Ils se trouvent, pour la plupart, dans des situations socio-économiques précaires ce qui vient renforcer leur fragilité.

Sensibiliser les jeunes à la vie professionnelle reste parfois compliqué en raison des expériences peu valorisantes qu’ils ont vécues. Cependant, l’E2C est souvent perçue comme « l’école de la dernière chance », la seule ouverture vers le monde du travail. Les attentes auprès des professionnels sont d’autant plus fortes et positionnent parfois ces jeunes dans des attitudes revendicatrices.

E2C : Est-il possible d’aider ces jeunes à s’insérer dans le monde professionnel ?
DCK : Afin d’optimiser leur chance d’accès à l’emploi ou à une formation professionnelle, il me semble essentiel que chaque jeune puisse prendre conscience de ses difficultés et aussi de ses capacités afin qu’il puisse s’approprier une nouvelle image du monde professionnel (et par là-même une nouvelle image de soi).

E2C : Ces jeunes en difficulté ne s’opposent-ils pas à toute forme de cadre ?
DCK : L’incapacité à se plier aux exigences d’un cadre, l’intolérance à la frustration, les difficultés à venir s’inscrire dans une dynamique de groupe sont des thèmes relativement courants qui expliquent, en partie, leurs difficultés professionnelles.

La remise en question de soi reste très compliquée et positionne parfois ces jeunes dans des attitudes « de toute puissance » : « ce n’est pas ma faute, c’est la faute du patron ! ». Face à cela, deux réponses sont possibles : la démission ou le renvoi.

E2C : Comment pourriez-vous résumer la fonction des groupes de supervision ?
DCK : Les groupes de supervision ont pour fonction d’éviter la répétition de ces situations critiques en permettant l’accès à une analyse de ce qui est dit pour tendre vers une résolution du problème posé. C’est un temps de soutien.

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Les activités de développement personnel

Le concept fondamental de notre pédagogie est celui d'apprendre à apprendre et pour stimuler cette capacité à apprendre, les jeunes sont mis en situation de découvrir et d'expérimenter à travers des projets pédagogiques multiples. Les ateliers d'art, de théâtre, de photos, de raisonnement logique, de sciences, le sport visent au développement personnel des jeunes et à la mise en évidence de leurs potentiels.

L'autonomie sociale

  Aline De FREITAS
Référente sociale à l’E2C 90.

Je suis Juriste au CIDFF et j'interviens en tant que Référente sociale à l'Ecole de la 2eme Chance, deux matinées par semaine.

E2C : Comment abordez-vous la problématique sociale avec les jeunes ?
ADF : Tout d'abord, j'aborde des thèmes en collectif avec les jeunes afin de favoriser leur autonomie sociale. Nous étudions des sujets comme la santé c'est à dire les fonctions de la sécurité sociale, les démarches en cas de maladie, en cas d'accident du travail ....

E2C : Parlez-vous d’autres questions en rapport avec la vie professionnelle ?
ADF : Oui, par exemple de situation de droit du travail, par exemple, j'insiste sur les différentes formes de contrat, les modalités de rupture... Je discute avec eux du problème du chômage pour que les jeunes aient une vision complète des conditions, des démarches à effectuer. Je présente ces questions de la manière la plus pratique possible afin qu'ils soient le plus autonomes en sortant de l'E2C.

E2C : Y a-t-il d’autres sujets qui sont amenés par les jeunes?
ADF Les difficultés de logement sont un problème récurrent pour les jeunes de l’école. Nous étudions les modalités relatives au contrat de location, l' état des lieux d'entrée et de sortie, la caution, le délai de préavis...Sur ce type de problèmes, j'interviens de manière individuelle soit à la demande directe des jeunes à l'issue des séances collectives soit après qu’ils ont été orientés vers moi par leur formateur référent.

E2C : Lors de ces entretiens individuels sur quels problèmes vous accompagnez les jeunes le plus souvent ?
ADF : Il s'agit de problématiques liées au droit de la famille, à la garde d'enfants, à la santé, à la mobilité professionnelle, au conflit avec les parents, au logement, à des problèmes de justice...

E2C  Pensez-vous que vos interventions sont vraiment utiles pour les jeunes ?

ADF : Je suis convaincue que présenter aux jeunes le thème de l’autonomie sociale facilite leur insertion dans la vie professionnelle.

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Les activités de développement personnel

Le concept fondamental de notre pédagogie est celui d'apprendre à apprendre et pour stimuler cette capacité à apprendre, les jeunes sont mis en situation de découvrir et d'expérimenter à travers des projets pédagogiques multiples. Les ateliers d'art, de théâtre, de photos, de raisonnement logique, de sciences, le sport visent au développement personnel des jeunes et à la mise en évidence de leurs potentiels.

Le sport

  Adrian STAN
Entraîneur de haut-niveau en athlétisme encadre les Activités Physiques et Sportives à l’école.

E2C : Comment vous apparaissent les jeunes de l’école ?
AS : Ces jeunes en difficultés d’insertion n’ont pour la plupart, aucun passé en tant que pratiquant…je veux leur faire passer des messages pendant et en dehors l’activité. Durant l’effort, ils souffrent, prennent du plaisir, perdent ou gagnent mais avant tout, ils s’investissent dans quelque chose, c’est essentiel.

E2C : A quelles disciplines les initiez vous ?
AS : Je les prends en charge une après-midi par semaine dans les installations sportives d’un stade mis à disposition par la Ville de Belfort. Ces installations offrent des possibilités variées, de la salle de musculation, au gymnase pour y pratiquer les sports collectifs, basket, handball…et à la piste d’athlétisme. Chacune de ces disciplines est un vecteur de développement personnel pour les jeunes et permet de mettre en évidence des éléments essentiels à une bonne hygiène de vie qui est aussi une condition de base pour pouvoir s’insérer dans le monde du travail.

E2C : La pratique du sport pour ces jeunes comprend-elle d’autres dimensions que l’effort physique ?

Oui, par exemple les jeunes participent chaque année à des olympiades réunissant sur 3 jours toutes les écoles du réseau de la 2ème chance. C’est pour certains qui ne quittent que difficilement leur quartier d’origine, une véritable aventure. Nous pratiquons des activités de plein air qui sont des moments de découverte de la nature et d’eux-mêmes, les randonnées en montagne, les excursions en VTT, le ski. Les jeunes qui effectuent leur première descente sur des skis sont transformés et fiers. Et c’est une satisfaction pour eux comme pour moi.

E2C : Comment concevez-vous vos interventions ?
AS : J’organise en parallèle des ateliers sur la santé et l’hygiène, la nutrition, l’anatomie, la physiologie, le dopage, les conduites addictives, l’olympisme etc.…pour qu’ils fassent le lien entre ce qu’on leur dit qui n’est pas souvent « palpable » et la réalité du terrain. Certains me demandent des programmes individualisés, ils deviennent curieux et veulent comprendre comment fonctionne le corps… d’autres accros à la cigarette ou à d’autres substances interdites ont compris les dangers des produits et ont réussi à s’abstenir de consommer pendant l’activité…depuis 2 ans, 4 à 5 jeunes sont rentrés en formation des métiers du sport et de l’animation...Le sport est pour tous ces jeunes un véritable moyen d’évoluer, d’apprendre la vie ».

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